Magazine
TF1 en fait un directeur de médiathèque - Films
Bigard, au bord des larmes

Jean-Marie Bigard adore cultiver la polyvalence. Après le «One man show» et «Le Bourgeois gentilhomme», l'artiste s'est plongé dans un rôle de fiction pour la télévision. Il dit d'ailleurs le plus grand bien de ce personnage humaniste qui lui rappelle un passé au contact des jeunes, quand il était professeur de sport: «Il y a des similitudes entre cette expérience et mon personnage. Un prof de gym est face à des élèves comme un humoriste ou un comédien se retrouve face à un public. Dans les deux cas, il faut être de connivence.»

Jean-Marie Bigard s'est momentanément débarrassé de sa réputation d'amuseur public pour jouer un personnage qu'il estime «très sérieux» et qui «ne peut pas se permettre de faire le guignol», un homme qui «a beaucoup de responsabilités et de soucis». Le comédien va encore plus loin dans la description psychologique d'Antoine Charpentier, directeur d'une médiathèque en banlieue parisienne: «Il a perdu sa femme, et sa fille l'a quitté pour parcourir le monde. Il compense certainement leur absence en s'occupant des autres. Cette façon d'agir le rend d'autant plus attachant.»

Bigard retient aussi d'excellents souvenirs après avoir travaillé durant plusieurs semaines au contact des enfants. Ému par la simplicité et la vérité des jeunes comédiens, il évoque une scène précise où il s'adresse à une petite Chloé pour lui demander si elle comprend ce qu'il dit. Réponse de l'enfant: «Ce que je comprends, c'est que maman me manque.» «Autant vous dire qu'à cet instant, souligne Jean-Marie Bigard, tout le monde disparaît de l'écran! C'est une scène magnifique», insiste le comédien en avouant qu'il lui a fallu parfois retenir ses larmes.

Réalisé par Patrick Volson (celui qui avait réalisé «Le Dirlo» avec Jean-Marie Bigard également), le téléfilm inédit «Hé M'sieur!» compte aussi dans sa distribution Amélia Jacob, Titouan Laporte, Max Boubllil, Guy Lecluyse et Lucie Jeanne. Un autre tournage pourrait être lancé dès l'été prochain.

20/12/2006
Emmanuel Galiero